Article #3/3 (newsletter) – Des outils pour prendre du recul au quotidien
Dans la partie 1, nous avons exploré les particularités du métier d’agriculteur(trice) qui peuvent créer des tensions. Dans la partie 2, nous avons abordé la notion d’identité et les tensions qui en découlent. Aujourd’hui, je vous propose quelques outils concrets pour retrouver un peu de souffle au quotidien.
En tant qu’individu, nous ne pouvons pas toujours agir sur les conditions d’exercice du métier qui dépendent du contexte extérieur. Mais en avoir conscience, en comprendre les contours, permet de reprendre du pouvoir sur ce qu’on vit et de lutter contre le sentiment d’impuissance qui freine l’action.
Voici donc une démarche en trois étapes que j’utilise moi-même en cas de difficultés. Je la détaillerai plus en profondeur dans mes mails hebdomadaires pour construire votre propre boîte à outils.
1. Évaluer la satisfaction de mes besoins fondamentaux
Les trois besoins humains fondamentaux :
- Autonomie : pouvoir décider, en accord avec qui je suis.
- Compétence : sentiment d’efficacité, goût d’apprendre, relever des défis.
- Lien social : se sentir relié à d’autres, être important pour quelqu’un.
Exercice :
- Sur ces trois besoins, où vous sentez-vous le moins satisfait ?
- Quelles pistes pour y remédier seul ou avec d’autres ?
2. Revenir au « POURQUOI » je fais ce que je fais
Nos actions sont guidées par des buts plus ou moins clairs. Quand on perd de vue le sens, la motivation baisse.
Motivation intrinsèque (interne) :
- Liée à nos valeurs, identité, besoins.
- Plus stable, plus résiliente.
Exemples : aider les autres, développer ses compétences, être libre, être aligné avec ses valeurs…
Motivation extrinsèque (externe) :
- Liée au regard des autres, au contexte.
Exemples : reconnaissance, admiration, argent, sentiment d’importance…
Exercice :
- Pourquoi vous levez-vous chaque matin ? Qu’est-ce qui vous anime vraiment ?
- Vos motivations actuelles sont-elles internes ou externes ?
3. Élargir sa vie sociale (oui, sortir de la ferme !)
L’intelligence sociale est un facteur de bien-être trop souvent oublié dans le monde agricole.
C’est la capacité à :
- Aller vers les autres,
- Communiquer, observer, écouter,
- Se sentir à sa place dans les interactions.
Se connaître soi-même, c’est la base pour mieux être en lien avec les autres. Cela se travaille, comme n’importe quelle compétence.
Et oui, je sais que ce n’est pas évident… mais parfois, la première marche, c’est simplement de sortir de la ferme.
En conclusion
Oui, les agriculteurs(trices) sont des humains comme les autres.
Ils ont le droit, eux aussi, à une vie épanouie. Parler de compétences relationnelles, de psychologie sociale ou de connaissance de soi dans le milieu agricole, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Mais attention : il ne s’agit pas de tout ramener à la responsabilité individuelle. Les tensions internes naissent aussi d’un métier soumis à de fortes mutations socio-économiques. C’est pourquoi une réflexion collective est indispensable pour réinventer le projet de l’agriculture de demain.
C’est tout l’enjeu du projet Bien dans ma ferme.
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